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Ils quittent un à un la DM l'un part avec le marteau l'autre part avec la faucille Après Alain Postel c'est le tour d'Alain Claire. Bientôt le dernier vrai communiste aura franchi la porte et rejoindra la galerie de paléontologie du muséum rue Cuvier. On les rangera sage ment sur l'étagère entre le brontosaure et le tricératops. Nul ne sait si en partant ils ont laissé la faucille et le marteau en caution chez ma tante et vendu les lendemains qui chantent à l’euro symbolique. On ne saura jamais si ils ont aussi abandonné « Pif le chien » et si il a eu des petits.
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Cela pourrait faire rire mais pourtant il y a quelques années un jour explorant les combles du grenier de la maison de mes grands-parents j’ai retrouvé sous la poussière du temps dans une vielle malle des livres appartenant à mon grand père. Il y avait des documents d’une autre époque des feuillets et des manuscrits étonnant, évoquant le désir de construire un avenir où les hommes s’affranchiraient une bonne fois pour toute de vivre sous la subordination et où ils s’approprieraient les moyens de production. Il y avait dedans des mots singuliers qui semblaient étranges et si loin, oubliés du langage d’aujourd’hui des mots incroyables des mots simples comme, amitié, fraternité… camarade ! Des mots entrés en obsolescence qui n’ont plus aucun sens de nos jours. Il y avait aussi, les livres d’école de ma mère et des ses frères. En les ouvrant et les feuilletant je découvris des tracts datant de 1943 que l’aviation Anglaise avait largués sur la ville sans doute une nuit obscure, une de ces nuits terribles qu’elle avait vécu en ces temps de l’ombre où le nazisme avait étendu son voile ténébreux de malheur sur l’Europe. Entre mes mains les images du passé apparaissaient lentement de manière semblable à une photo qui se révèle dans un bac en lumière rouge. Un petit morceau de bristol imprimé en cyan et magenta attira mon attention. Deux visages surgis des limbes semblaient me parler et juste en dessous était écrit « tous ensembles, sauvons Julius et Ethel Rosenberg ». C’était tout ce qui restait d’une campagne internationale du parti communiste contre la mise à mort d’un couple d’idéaliste citoyens américains, juifs d’origine, qui comme mon grand-père avaient sans doute rêvé l’égalité des hommes. Ce petit papier cartonné avait alors plus de quarante ans, pourtant il était lourd de signification. Mon regard se porta sur la poussière qui dansait en scintillant dans les rayons du soleil de septembre qui filtraient par la lucarne. La mémoire si puissante évocatrice comme catalysée par l’effet lumineux, ressortis d’un endroit où en moi, était enfouis les derniers baisers de ce couple, menottes aux mains, êtres vivants, pensant et conscient juste avant d’être électrocutés et l’effroi horrible que j’avais ressenti devant la sérénité de ces gens face à l’inéluctable mort. Dix-sept années se sont écoulées depuis qui coïncident à la chute de l’union soviétique tous ceux qui ont vingt quatre ans ignorent comment était le monde alors, sauf au travers de la mémoire collective. Le 14 septembre 2007 vers 23 heures le train s’arrête à la Courneuve il y à « des jeunes qui perturbent la voie ferrée selon le conducteur». Au bout d’une heure je sors et longe le chemin de fer je me retrouve devant l’entrée de la fête de l’humanité je n’y étais plus venu depuis 1974. Restait en moi des clichés d’avant et des souvenirs de gosse, Ferrat chantant « ma France » des allées entières avec des drapeaux rouges flottant dans le vent des portraits de Marx de Jean Jaurès, le stand de l’URSS et des pays frères avant la ruine des illusions collectives en fait tout ce qui était alors l’autre monde. Emporté par la curiosité je m’approche un type me reconnaît et me fait entrer. Il y a toujours cette ambiance amusante et cette jeunesse mais… Est elle là pour des idéaux ou simplement pour faire la fête ? Dans chaque stand on rigole on écoute de la musique qui n’a rien de révolutionnaire au stand du journal l’huma il y a du Rap et des effets lumineux « blanc » (le rouge semble bannis). Je erre dans ces allées qui seules encore portent des noms teintés de la couleur d’Antares, Lucie Aubrac, Roll Tanguy, et l’inévitable Jaurès. J’ai la sensation incroyable d’être un voyageur dans le temps quelques slogans contre le libéralisme ornent les frontons mais pas de quoi faire trembler de peur le XVI ni faire désespérer Neuilly. A part l’inévitable « commandante Che Guevara » Eugène Pottier et l’internationale semble oubliés. Je me dirige vers la porte de sortie quand les premières paroles du « chiffon rouge » sortent d’un haut parleur du stand de la RATP je m’approche aussitôt et un attroupement se forme. Il est vrai que j’aime cette chanson qui évoque l’espoir et qui fut écrite du temps où nous savions tout du Stalinisme elle est donc la seule à être entièrement responsable et déculpabilisée des crimes commis au nom du communisme. Ecrite par Magdane et Fugain sans arrière pensée en hommage à une gauche qui n’existe plus que dans les livres. Je me retrouve au milieu de ce groupe l’émotion montant aux yeux chantant ces paroles que je connais par cœur n’ayant jamais été communiste je suis Européen mais Français et fier de mon histoire si souvent occulté. Les notes et les mots se succèdent comme les décennies se sont succédées depuis la création de cette mélodie et je réalise où nous sommes arrivés. A cet instant précis bien des images s’entrechoquent en un tourbillon émotionnelle et en vortex prise d’accélération comme si rien au monde n’existait d’autre que cette invraisemblable guerre de tous contre tous où chacun contre soi-même doit se soumettre la peur au ventre d’être exclu et broyé par la machine. Combien de couleuvre avez vous du avaler entre Prague, Bratislava et Budapest ? Combien de conneries avez vous du entendre vous les deux « Alain » ? Je n’ai aucune honte a dire que mon grand père était communiste en 1942 et là il en fallait du courage beaucoup plus que pour se foutre de vous devant les déboires de ce qui fut le premier partis de la libération et celui à qui l’on doit le meilleur système de santé au monde. Oui les deux Alain notre problème à nous maintenant que vous nous quittez dans ce monde actuel est de savoir qui maintenant va s'opposer avec raison à l'économie marchande. Et il faut bien l’admettre comme le dit Mermet dans ses carnets de route- «Les peuples n'ont jamais que le degré de liberté que leur audace conquiert sur la peur* » Alors maintenant que celui de Berlin est tombé trouvons le plus grand mur possible pour y inscrire ce proverbe dogon : FAUT-IL ATTENDRE D'ÊTRE VAINCU POUR CHANGER ? Accusés d’avoir donné des secrets atomiques aux russes même si les archives du KGB ont prouvés qu’ils avaient bien donné des informations qui semblaient cruciales nous savons maintenant ces informations étaient d’un intérêt médiocre de bien moindre importance que les élucubrations de Leslie Grooves. *Stendhal. |