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lundi 26 fév rier 2007 à 15:37 :: AIRBUS. 37 ans de succès d’Etat, six ans de privé. En 1969, Sud Aviation et Deutche Aerospace fusionnent.
Fort du succès inattendu de Caravelle.
Les Russes étant communistes à cette époque et avec toute la panoplie du grand méchant loup, goulag, zeks, koulaks, bouses de vaches à manger dans les Kolkhozes (et il en avait pour tout le monde), sans oublier, les queues monstrueuses devant les boutiques d’Etat et les « saucisso ns » au noir sous le manteau des babouchka s. Bien évidemment, personne ne veut s’associer avec le « big bad wolf » mais personne pourtant, ne souhaite un c iel en tièrement américain. Les européens s’organisent et se dessine un projet aéronautique en gestation. Ce projet portera le nom d’Airbus. Airbus c’est 55 000 salariés, en gros, quatre usines pour le A 380 et une volonté politique de partage de produits de technologie à très haute valeur ajoutée afin de répartir au mieux l’effort collectif et aussi de faire par retour d’expérience dans un secteur particulièrement pointu une acquisition de connaissance collective.
Par sa forme et par sa structure juridique, AIRBUS est avant tout une réussite et un dessein éminemment politique ayant comme objectif la pérennité et l’acquisition de compétences pour l’Europe. AIRBUS est avant tout un partage dans la mosaïque de nations que composent la péninsule. Mais voilà : en 1999, le réfugié de l’île de Ré (vous voyez qui je veux dire) et son ministre DSK fusionnent Matra et Aérospatial. Le 31 mars, on privatise. Champagne ! Et le 14 octobre 1999 naît EADS. Pas de chance, l’année où Airbus dépasse Boeing, Jean-Luc Lagardère, ne trouve rien de plus intelligent que de mourir. Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi, dit la mort ! En 2003, les ennuis commencent. Arnaud n’a apparemment pas appris « la botte de Nevers » de son défunt père, il place Forgeard Président d’Airbus, première filiale de EADS et première source de profit (plus de 90%) du groupe. Mais voilà : Noël Forgeard n’a jamais vraiment accepté que Philippe Camus, son vieil adversaire au service de Jean-Luc Lagardère, devienne le coprésident d’EADS et donc, son supérieur hiérarchique à cette époque. Le combat des chefs va ruiner un projet génial et se terminer par un délit d’initiés.
Car ce capitaine d’industrie (excusez du peu) en levant ses options sur actions vendra, empochant des plus values à faire pâlir un Rémiste et ce, juste avant d’annoncer un retard en livraison du 380. Voilà pour le patriotisme et le devoir d’exemplarité. « Les rats quittent le navire » juste avant qu’il coule. En période préélectorale on se débarrasse du Forgeard en le jetant par dessus bord sans ménagement, mais c’est trop tard. Ne vous inquiétez pas pour Noël : il part avec un gros tas de pognon comme vous n’en aurez jamais, sauf à gagner à l’euro million. Le clown est remplacé par Streiff « un auguste » qui, l’avion ayant du retard, bien évidemment au lieu d’investir, d’emprunter et d’embaucher massivement pour combler le retard, ne propose rien d’autre de plus intelligent que de détruire l’équilibre politique de la répartition sur toute l’Europe, afin de centraliser tout à Toulouse. Pour flinguer le bel avenir d’Airbus y’a pas mieux. Le projet porte le doux nom de Power08. Moins prosaïquement cela sous entend que 30% des salariés d’Airbus seront virés et qu’environ 600 PME seront dans la merde. Aux dernières nouvelles, 80% des sous-traitants seraient liquidés. Encore un miracle des marchands.
Noël Forgeard peut s’acheter une villa dans le doux paysage de Toscane au milieu des oliviers heureux avec ses plus-values et son parachute doré (enfin, son fromage). Quant au discours de Streiff sur la parité euro/dollar, certes l’euro est cher mais les Boeings sont, eux, fabriqués aux Etats Unis et si j’ai bonne mémoire, les salaires de chez Boeing sont supérieurs sur de nombreux points à AIRBUS non ? Un seul avantage ici sur AFM c’est pour l’équipe de Jean Pierre Guerton au moins, eux, ils ne seront pas sous pression pour livrer le hangar à temps……… merci Noël. Vous croyez à la libre concurrence et non faussée ? Vous êtes niais ou bien cocu comme un actionnaire d’Eurotunnel. Microsoft, monopole mondial et privé, est-il libre et non faussé ?
PS : ainsi se termine la fable du corbeau et du Forgeard.
PS : si vous ne l’avez pas compris, le corbeau « c’est vous », les contribuables européens, bien évidemment, vous n’en ferez pas un fromage. PS : la série noire continue : FEDEX (le voisin d’à côté) annonce l’annulation de sa commande de 380, rien que 10 avions. PS encore : une mauvaise nouvelle pour les salariés de PSA Streiff « le lumineux » arrive chez eux. Il va y avoir un Power09. PS : le 9 octobre, l’affaire étant particulièrement nauséabonde au niveau des relents d’odeurs de fric, voire intenable pour les pendants du libéralisme, Christian Streiff est prié de voir ailleurs si l’herbe est plus verte en toute hâte et remplacé par Louis René Fernand Gallois. A tout seigneur, tout honneur. Vous devez savoir que M. Gallois refuse un salaire supérieur à 15 000 euros par mois, soit, l’équivalent de 180 000 euros par an (comme son ancien salaire à la SNCF). Son prédécesseur, Noël Forgeard, touchait un salaire annuel de 2.33 millions d’euros. Le problème étant que, les statuts de EADS prévoient que le salaire du coprésident allemand, Thomas Enders, doit être identique sur celui du Président français. Thomas Enders refuse, car il devrait diviser son salaire par 13. M. Gallois a alors proposé au Conseil d’Administration d’annoncer lui-même son salaire, et que la différence avec celui de Thomas Enders soit versée à des associations humanitaires de son choix. Il existe aussi des gens propres dans la vie, il y en a.
Cela mérite d’être souligné. Joël Fraud
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